Un si fragile parfum de liberté

"Oh ba tiens on vient de m'inviter à participer à un concours de voyage immobile. Ça me parvient de carvin,mon enfance, ma jeunesse, mon terreau. Pour le voyage c'est tout bon mais pour le concours c'est niet ! S'emprisonner la créativité pour gagner ou pour perdre, ça ne m'intéresse pas et pour être tout à fait honnête j'en ai ras le bol de toutes ces stimulations compétitives. Si je suis la ici sur terre avec l'envie de participer à ce voyage c'est par goût de l'aventure de la nouvelle expérience et c'est d'ailleurs ce même goût de l'expérience et de l'inattendu qui m'a mené là ou je suis aujourd'hui dans ce décor ardéchois qui sera mon terrain d'observation et ma source d'introspection pour ce voyage immobile"

"quand j'ai eu la vie au commencement à l'intérieur de moi une force vive a toqué à ma porte et m'a demandé de rejoindre quelque chose de plus juste, de plus vivant en accord avec ce processus de vie qui grandissait en moi.Je suis arrivée ici au cœur du sauvage. "

"je me souviens. J'ai grandi à côté d'un terril. La nature y avait largement repris le dessus,la végétation était généreuse et sauvage, tellement qu'on pouvait voir les saisons défiler. Un couple de chouettes y avaient même élu domicile. La montagne noire avait des allures de pays lointain et mystérieux. C'était le terrain de jeux des gamins du quartier et le refuge des ado. On s'en fichait pas mal d'apprendre les noms savants des fleurs naissantes et autres insectes baladeurs. Non, ce qui comptait c'était d'être avec eux ici et maintenant et de jouer à fond la caisse. On était libre !! Avant le coucher du soleil on revenait au bercail avec quelques égratignures, les ongles encrassés et une bonne odeur de sueur, emportant avec nous le souvenir indélébile du goût de la liberté. Cette liberté indissociable de cet îlot de nature qui se dressait devant nous. Le lendemain c'était vital, il fallait y retourner, s'y retrouver. On savait au plus profond de nous que cet endroit était un bout de nous, de chacun d'entre nous. "

Un voyage immobile et confiné sur bleu d’ouvrier

© 2017 Kraft